S'installer en France après le Brexit reste tout à fait possible pour les citoyens britanniques, mais les règles ont changé le jour où la période de transition a pris fin. Ce guide explique ce qui a changé, pourquoi le fait de posséder un logement en France ne signifie pas pour autant que vous êtes autorisé à y résider, et quelle voie correspond désormais à vos projets — de la règle des 90/180 jours de l’espace Schengen aux visas de long séjour, en passant par les seuils de revenus, la couverture médicale et la fiscalité.
En un coup d'œil
Pour la plupart des personnes qui se demandent si elles peuvent encore s’installer en France, la réponse rassurante est oui. S’installer en France après le Brexit reste tout à fait possible pour les citoyens britanniques. Ce qui a changé, c’est la procédure : depuis la fin de la période de transition, les Britanniques sont considérés comme des ressortissants de pays tiers — « ressortissants de pays tiers », selon la terminologie officielle — et ce simple changement de statut a modifié la manière dont vous devez organiser votre déménagement. Cela n’a pas fermé la porte. Cela a simplement introduit une procédure, et tout l’art d’un déménagement réussi réside désormais dans la compréhension de cette procédure avant de réserver un camion de déménagement, plutôt qu’après.
La distinction la plus importante concerne la nationalité. Les citoyens de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen sont traités très différemment des citoyens britanniques ; il est donc important de bien cerner votre situation dès le départ. Si vous êtes titulaire d'un passeport irlandais ou d'un autre passeport de l'UE, ou si vous pouvez en faire la demande, une grande partie de ce qui suit ne s'appliquera pas à vous. Si vous voyagez avec un passeport britannique, ce guide s'adresse à vous.
Ce que le Brexit a réellement changé pour les Britanniques
Avant 2021, un citoyen britannique pouvait s'installer en France au même titre que n'importe quel ressortissant de l'UE, la libre circulation facilitant grandement les démarches. Vous pouviez arriver, vous installer, trouver un emploi et vous inscrire à la sécurité sociale sans avoir à demander l’autorisation à qui que ce soit au préalable. Cette liberté a pris fin avec la période de transition. À moins d’être protégé par un statut existant ou de remplir les conditions requises en vertu d’une autre nationalité, vous devez désormais respecter les mêmes règles que celles qui s’appliquent à tout autre ressortissant hors UE souhaitant vivre en France.
Dans la pratique, trois changements sont intervenus. Premièrement, un séjour à durée indéterminée est devenu un séjour à durée déterminée : sans visa de long séjour, votre présence est désormais limitée par la durée maximale autorisée pour un séjour de courte durée dans l’espace Schengen. Deuxièmement, le droit de travailler a disparu de la situation par défaut : résider en France et être autorisé à y exercer une activité rémunérée constituent désormais deux autorisations distinctes. Troisièmement, l’accès aux soins de santé n’est plus automatique ; il faut désormais faire valoir ce droit plutôt que de le considérer comme acquis. Aucun de ces changements n’est insurmontable, mais chacun doit faire l’objet de démarches mûrement réfléchies.
Il convient de le préciser clairement, car de nombreux conseils bien intentionnés datant de l’époque d’avant le Brexit circulent encore, à une époque où un Britannique pouvait, en matière d’immigration, se comporter comme son voisin néerlandais ou allemand. Cette époque est révolue. Le processus est toujours d’actualité ; il s’accompagne simplement de formalités administratives, et il est dans votre intérêt de vous en occuper sans tarder.
La règle des 90/180 jours pour les visiteurs
Les visiteurs britanniques peuvent généralement séjourner jusqu’à 90 jours au cours de toute période de 180 jours consécutifs dans l’espace Schengen sans visa de long séjour. Pour une résidence secondaire près de Duras, cela peut s’avérer idéal : séjours estivaux prolongés, voyages réguliers, du temps pour superviser les premières étapes d’une rénovation, Noël avec des amis qui ont déjà franchi le pas.
La subtilité réside dans la manière dont les jours sont comptabilisés. Il ne s’agit pas de trois mois passés en France suivis de trois mois à l’étranger. Le système fonctionne selon une période de référence glissante : chaque jour envisagé doit donc être comparé aux 180 jours précédents. Lorsque vous entrez en France, le calcul remonte à six mois en arrière et décompte le nombre de jours que vous avez déjà utilisés. Tout aussi important : ce quota couvre l’ensemble de l’espace Schengen, et pas uniquement la France. Les séjours en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas ou en Belgique sont normalement pris en compte dans ce même total, et le fait de franchir une frontière interne ne remet pas le compteur à zéro. Deux semaines en Algarve, c’est deux semaines de moins sur votre quota français.
Pour des séjours occasionnels, cela reste tout à fait gérable, et de nombreux propriétaires de résidences secondaires s’en accommodent volontiers pendant des années. Mais pour quiconque souhaite s’installer à plein temps près de Duras, superviser en personne des travaux de rénovation de longue haleine ou partager la majeure partie de l’année entre la France et les pays voisins, ces 90 jours deviennent rapidement un carcan. Le dépassement de la durée de séjour n’est pas une simple formalité à prendre à la légère : il peut entraîner des amendes, une interdiction d’entrée sur le territoire et des difficultés pour toute demande future. Si votre intention sincère est de passer plus de la moitié de l’année environ en France, le régime de court séjour ne suffit pas et vous devriez envisager dès le départ un visa de long séjour.
Un point étroitement lié mérite sa propre rubrique, car il pose davantage de problèmes aux futurs déménageurs que n’importe quel autre malentendu.
Le fait de posséder une résidence en France ne vous confère pas le statut de résident
C'est l'un des points essentiels à retenir avant d'aller plus loin. Les ressortissants britanniques restent entièrement libres d'acquérir un bien immobilier en France. Vous pouvez acheter une maison de village, une ferme ou un petit château sans être résident français et sans aucune condition de nationalité. L'accès à la propriété est véritablement ouvert à tous.
Mais le fait d’être propriétaire de ce bien immobilier ne vous donne pas le droit d’y résider de manière permanente. La propriété immobilière et le statut d’immigration sont deux questions distinctes qui concernent simplement le même bâtiment. Une maison en France n’équivaut pas à un titre de séjour, et son acquisition ne confère pas le droit de rester au-delà de la durée autorisée pour un visiteur non ressortissant de l’UE. De même, une maison libre de toute hypothèque ne suffira pas, à elle seule, à compenser des revenus insuffisants ou l’absence de couverture santé lors de l’examen d’une demande de visa. Les consulats examinent vos ressources et votre couverture ; une ferme entièrement payée est un atout intéressant à présenter, mais elle ne remplace pas le revenu mensuel que la réglementation vous impose de justifier.
La leçon pratique à retenir concerne l'ordre des étapes. Il est tout à fait raisonnable d'acheter d'abord et de déménager ensuite, mais l'achat et le droit d'y résider doivent être planifiés conjointement. Ne concluez pas l’achat d’une maison en partant du principe que l’obtention d’un titre de séjour suivra tout naturellement. Déterminez quelle procédure de visa correspond à votre situation, assurez-vous de pouvoir remplir ses conditions, puis déterminez en fonction de cela comment — et quand — vous vous installerez dans la maison que vous avez achetée.
Vous résidiez au Royaume-Uni avant 2021 ? L'accord de retrait
Si vous résidiez déjà légalement en France avant la fin de la période de transition, votre situation est tout à fait différente, et nettement plus favorable. Les Britanniques se trouvant dans cette situation bénéficient de droits protégés en vertu de l’accord de retrait, et la plupart d’entre eux sont désormais titulaires d’une carte de séjour spécifique, souvent appelée « carte WARP » (titre de séjour au titre de l’accord de retrait).
Ces droits vous permettent globalement de continuer à vivre, et dans de nombreux cas à travailler, en France dans des conditions bien plus proches de celles qui prévalaient avant le Brexit. Si tel est votre cas, les procédures de visa décrites ci-dessous ne vous concernent pas. Ce qui importe avant tout, c’est de veiller à ce que vos documents soient à jour, de les renouveler dans les délais et de conserver les justificatifs de résidence continue qui fondent votre statut. Il s’agit là d’une situation totalement différente de celle d’un nouvel arrivant, qui doit effectuer sa demande via le système de visas avant de s’installer. Si vous ne savez pas clairement dans quelle catégorie vous vous situez — peut-être aviez-vous un pied dans les deux pays en 2020 —, il est préférable de demander des conseils adaptés à votre situation plutôt que de vous livrer à des conjectures.
Pour tous ceux qui découvrent ce sujet, la suite de ce guide vous sera particulièrement utile.
Les différentes formules de visa de long séjour
Pour les nouveaux arrivants, le visa de longue durée est le dispositif qui permet de transformer un séjour de visiteur limité dans le temps en une véritable vie en France. Il n’existe pas de visa unique ; le choix du visa approprié dépend de ce que vous comptez réellement faire après votre arrivée, et faire un choix honnête à ce stade vous évitera de graves difficultés par la suite. Faire une demande de visa en tant que visiteur tout en envisageant discrètement d’occuper un emploi sur place est exactement le genre d’incohérence qui pose problème lors du renouvellement.
Le visa de visiteur (VLS-TS « visiteur »)
Pour les personnes qui n’ont pas l’intention d’exercer une activité rémunérée en France, la voie habituellement empruntée est celle du visa de long séjour « visiteur » (VLS-TS). Il convient aux retraités, aux personnes financièrement indépendantes et aux propriétaires qui souhaitent passer beaucoup plus de temps dans une résidence française que ne le permettent les règles relatives aux séjours de courte durée. Le terme « visiteur » est quelque peu trompeur : il ne désigne pas un court séjour de vacances. Dans ce contexte, il désigne une personne qui a l’intention de vivre en France sans intégrer le marché du travail français. Une fois délivré et correctement validé après l’arrivée, ce visa fait généralement office à la fois de visa de long séjour et de titre de séjour initial pour une durée pouvant aller jusqu’à un an.
Les voies d'accès pour les salariés et les travailleurs indépendants
Si vous avez l’intention de gagner votre vie en France, une autre voie vous conviendra mieux. Un visa de travail ou de salarié peut convenir à une personne disposant d’un contrat de travail français éligible et de toutes les autorisations requises. Une voie réservée aux travailleurs indépendants, aux entrepreneurs ou aux professions libérales peut convenir aux freelances, aux consultants, aux artisans ou aux créateurs d’entreprise capables de démontrer qu’ils exercent une activité viable. Il existe également des voies familiales pour les conjoints, les partenaires et les membres de la famille éligibles, ainsi que des catégories spécifiques pour certaines compétences, les études ou les investissements. L’essentiel est de choisir le visa qui correspond à votre projet de vie, et non la demande qui semble la plus simple.
Faire votre demande avant votre départ
Une demande de visa de long séjour doit normalement être déposée depuis votre pays de résidence légale, avant votre départ pour la France en vue de votre installation. La procédure s'effectue via le service officiel France-Visas (france-visas.gouv.fr) : vous remplissez le formulaire de demande en ligne, puis vous vous rendez généralement à un rendez-vous au service consulaire français ou au centre de demande de visa désigné, où vous fournissez vos données biométriques et remettez votre passeport ainsi que les pièces justificatives. Les frais de visa de long séjour s’élèvent actuellement à 99 €, auxquels s’ajoutent de modestes frais de service du centre de demande de visa, le cas échéant. La décision est généralement rendue dans un délai de deux à trois semaines, bien que ce délai puisse varier selon le consulat et la période de l’année.
Commencez tôt. Les rendez-vous consulaires ne sont pas toujours disponibles immédiatement, et un dossier incomplet ou incohérent entraîne des retards. Les traductions, les copies certifiées conformes, les justificatifs de ressources financières, les conditions d’assurance et les justificatifs de logement peuvent tous constituer des points de blocage. Ne fixez pas de date de déménagement en partant du principe que l’autorisation vous sera accordée dans un délai précis.
Conditions de ressources et de revenus
La question qui est le plus souvent posée à un demandeur de visa de touriste est de savoir s’il est en mesure de subvenir à ses besoins sans travailler en France. Les demandeurs sont généralement tenus de justifier de revenus, d’une épargne ou d’autres ressources financières suffisantes et stables ; d’une assurance maladie privée complète couvrant la durée de leur séjour initial ; d’un logement adapté, qu’il s’agisse d’un logement en propriété, en location ou mis à disposition par un hôte ; et d’un engagement à ne pas exercer d’activité rémunérée.
À titre indicatif, le seuil financier de référence correspond globalement au salaire minimum interprofessionnel de commerce (SMIC) : environ 1 478 € nets par mois, soit environ 17 700 € par an pour une personne seule en 2026. Ce chiffre est indexé sur le SMIC et augmente chaque année ; les consulats l’évaluent en fonction de votre situation globale plutôt que comme un seuil de passage rigide. Un couple de retraités percevant deux pensions présente un profil très différent de celui d’une personne dépendant des revenus de ses placements ou du versement de son épargne. L’approche la plus judicieuse consiste à viser un niveau nettement supérieur au minimum et à justifier de revenus stables et attestés, et non pas simplement d’un solde ponctuel confortable. Et, pour réitérer l’avertissement précédent : ne partez pas du principe que le fait de posséder une maison sans emprunt immobilier compensera automatiquement des revenus modestes ou une couverture santé insuffisante.
Options en matière d'emploi salarié et d'activité indépendante
S'installer dans la région de Duras peut alléger le coût et le stress de la vie quotidienne, mais cela ne dispense pas d'avoir un revenu stable, et il convient d'être réaliste quant à la manière dont vous allez en gagner un légalement en France. Les emplois salariés locaux sont limités : beaucoup sont saisonniers, à temps partiel ou dépendent d’une recommandation personnelle ; les salaires sont souvent inférieurs à ce à quoi s’attendent les nouveaux arrivants, et la maîtrise du français est généralement indispensable, même lorsque les clients parlent anglais. Très peu de personnes s’installent dans le sud-ouest rural de la France et décrochent d’emblée un emploi local bien rémunéré. La plupart arrivent avec une retraite, une épargne, des revenus d’investissement, une carrière à distance bien établie ou un projet d’entreprise adapté à la région.
Le télétravail mérite une attention particulière. Les communes aux alentours de Duras proposent de plus en plus souvent une connexion par fibre optique, et vivre au milieu des vignes ne signifie plus pour autant se retirer de la vie active. Cependant, le fait de travailler depuis la France peut avoir des répercussions sur votre statut d’immigrant, sur le lieu d’imposition de vos revenus, sur le régime de sécurité sociale applicable et sur la nécessité éventuelle de créer une entreprise en France. Ne partez pas du principe que le fait d’être rémunéré par un employeur étranger ou un client à l’étranger place cette activité hors du champ d’application du système français. Le télétravail dans le cadre d’un visa de visiteur est particulièrement délicat, car ce type de visa n’autorise pas l’exercice d’un emploi rémunéré sur le territoire français et la situation du télétravail pour le compte d’organisations étrangères constitue une véritable zone d’ombre. Demandez un avis personnalisé avant de vous engager dans cette voie.
Pour ceux qui se lancent à leur compte, de nombreux nouveaux arrivants envisagent le régime de la micro-entreprise, encore largement appelé « auto-entrepreneur ». Il offre un moyen relativement simple de créer et de gérer une petite entreprise — conseil, services créatifs, entretien immobilier, jardinage, nettoyage ou certains services touristiques, sous réserve des règles propres à chaque secteur d’activité. Le chiffre d’affaires doit rester dans les limites des plafonds annuels : pour 2026, 203 100 € pour la vente de biens et certains hébergements, et 83 600 € pour les services et les professions libérales. Les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires, soit actuellement environ 12,3 % sur les ventes de biens, 21,2 % sur les services commerciaux et artisanaux, et 25,6 % sur les activités libérales (BNC). L’impôt sur le revenu peut être simplifié grâce à un versement libératoire forfaitaire facultatif de 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d’affaires, ou être traité selon le régime de base avec un abattement forfaitaire. La TVA ne doit être facturée que lorsque le chiffre d’affaires dépasse les seuils de franchise en base, qui s’élèvent actuellement à 85 000 € pour les biens et à 37 500 € pour les services.
Cette simplicité apparente peut être trompeuse. Étant donné que les charges sociales sont calculées sur le chiffre d'affaires et non sur les bénéfices, une entreprise dont les coûts liés aux matières premières, au carburant ou aux sous-traitants sont élevés peut se retrouver à verser des cotisations avant même que ces coûts ne soient déduits — auquel cas une autre structure pourrait s'avérer plus appropriée. Certaines activités exigent également des qualifications professionnelles, une assurance spécialisée ou un enregistrement ; les métiers du bâtiment, les entreprises du secteur alimentaire et l’hébergement touristique ne doivent en aucun cas être lancés en partant du principe que l’enregistrement suffit à lui seul. Un comptable qui comprend les clients internationaux justifie pleinement ses honoraires dans ce contexte.
Santé : PUMA, la Mutuelle et le S1
Le système de santé français jouit d’une réputation bien méritée pour son niveau d’excellence et son bon rapport qualité-prix, mais son accès n’est pas automatique pour un nouvel arrivant, et le Brexit a supprimé le « raccourci » dont bénéficiaient autrefois les Britanniques. Pour les soins courants, l’État rembourse généralement environ 70 % du tarif officiel, la plupart des résidents souscrivant une assurance complémentaire privée — une mutuelle — pour couvrir tout ou partie du reste. Une consultation standard chez un médecin généraliste coûte environ 30 € avant remboursement ; les cotisations des mutuelles varient généralement entre environ 30 € et plus de 100 € par mois, selon l’âge et l’étendue de la couverture.
Les nouveaux arrivants titulaires d’un visa de visiteur doivent généralement souscrire une assurance maladie privée complète au moment de leur demande et pendant leur premier séjour en France. Le droit d’adhérer au système français via la PUMA (Protection universelle maladie) ne s’acquiert généralement qu’après avoir établi une résidence stable et régulière — généralement au bout de trois mois environ — et les démarches, gérées par la CPAM locale, peuvent prendre du temps. Veillez à maintenir votre contrat d’assurance privée en vigueur jusqu’à ce que la CPAM ait confirmé votre droit à la couverture, car une demande déposée n’équivaut pas à une couverture approuvée, et une résiliation prématurée peut entraîner une grave interruption de couverture. Une fois inscrit, vous recevrez un numéro de sécurité sociale français et, en temps voulu, une carte Vitale.
Les retraités disposent d’une procédure distincte et généralement plus simple. Les retraités britanniques éligibles à la pension d’État peuvent obtenir un certificat S1, qui leur permet de s’affilier au système de santé français tout en conservant la prise en charge des frais par le Royaume-Uni. Le formulaire S1 doit être déposé auprès de la CPAM, après quoi vous entrez dans le système de remboursement français au même titre qu’un résident français assuré — il peut donc être intéressant de conserver une mutuelle. Le formulaire S1 comporte également un avantage fiscal utile, mentionné ci-dessous. Aux alentours de Duras, des soins hospitaliers sont disponibles à Bergerac (à environ 35 minutes en voiture), à Marmande, à Sainte-Foy-la-Grande et à Villeneuve-sur-Lot, avec une offre plus large de services spécialisés en direction de Bordeaux. En cas d’urgence, la France utilise le 15 pour le SAMU et le numéro européen 112.
Résidence fiscale : quand la France devient votre domicile fiscal
Devenir résident français ne se résume pas à un simple changement d’adresse sur vos relevés bancaires. La résidence fiscale ne se détermine pas uniquement en comptant les jours : la France prend en compte plusieurs critères de rattachement, dont chacun peut à lui seul suffire. Parmi ceux-ci figurent le lieu où se trouve votre résidence principale ou votre foyer, l’endroit où vous passez la majeure partie de votre temps (en gros, plus de la moitié de l’année), le lieu où s’exerce votre activité professionnelle principale, ainsi que le centre de vos intérêts économiques. Le fait de passer moins de jours en France ne vous exclut pas nécessairement de la résidence fiscale française si votre vie familiale et domestique y est centrée.
Une fois que vous êtes résident fiscal français, vous devrez généralement déclarer en France l’ensemble de vos revenus mondiaux : pensions, revenus professionnels, revenus de placements, revenus locatifs, etc. Le fait de déclarer ces revenus ne signifie pas que vous êtes imposé deux fois : la convention de double imposition entre le Royaume-Uni et la France attribue les droits d’imposition et peut obliger la France à accorder un crédit d’impôt, mais ces revenus devront peut-être tout de même figurer sur votre déclaration d’impôt française. De manière générale, les pensions versées par l’administration britannique restent imposables au Royaume-Uni ; les pensions publiques et privées britanniques deviennent généralement imposables en France dès que vous y êtes résident ; et les revenus locatifs provenant d’un bien immobilier situé au Royaume-Uni restent généralement imposables au Royaume-Uni tout en devant être déclarés en France. L’impôt français sur le revenu est prélevé selon des tranches progressives par composante du foyer, allant de 0 % jusqu’à environ 11 500 €, puis de 11 %, 30 %, 41 % et 45 % pour les revenus les plus élevés.
Le détail le plus susceptible de surprendre les nouveaux arrivants concerne les prélèvements sociaux : il s’agit de charges sociales de 17,2 % sur les revenus locatifs et les plus-values immobilières, qui peuvent s’ajouter à l’impôt sur le revenu. C’est là que le formulaire S1 s’avère à nouveau utile : les personnes couvertes par un autre système de santé de l’UE, de l’EEE ou du Royaume-Uni plutôt que par le système français bénéficient d’un taux réduit de 7,5 %, car elles sont exonérées de la CSG et de la CRDS. C’est précisément ce type d’interaction — le statut en matière de santé ayant une incidence sur la facture fiscale — qui justifie de payer pour un conseil transfrontalier. Un expert-comptable bilingue de la région de Duras, habitué à gérer les résidents internationaux, peut vous faire économiser bien plus que le montant de ses honoraires.
Un guide pratique étape par étape
Dans l'ensemble, s'installer en France après le Brexit suit généralement un schéma reconnaissable. Considérez-le comme un cadre de référence pour organiser votre projet plutôt que comme une liste de contrôle rigide, et adaptez-le à votre parcours.
- Déterminez votre projet en toute sincérité. Installation à temps plein, séjour saisonnier ou résidence secondaire ? Active, retraité ou disposant de ressources personnelles ? Tout ce qui suivra dépendra de cette réponse.
- Choisissez la voie qui vous convient. Pour la plupart des personnes qui s’installent en France avec leurs propres moyens, cela implique le visa de visiteur VLS-TS ; pour celles qui perçoivent des revenus en France, il s’agit d’une voie professionnelle ou d’une voie pour travailleurs indépendants. Vérifiez que vous remplissez les conditions requises en matière de revenus et de couverture avant de vous engager.
- Mettez de l'ordre dans vos finances et vos justificatifs. Rassemblez les justificatifs attestant de revenus ou de ressources stables d'un montant égal ou supérieur au SMIC de référence, d'une assurance maladie privée pour la période initiale, ainsi que des justificatifs de logement. Il est important que les informations figurant dans tous les documents soient cohérentes.
- Faites votre demande via France-Visas avant votre départ, depuis votre pays de résidence, puis présentez-vous à votre rendez-vous au consulat. Prévoyez les frais de 99 € et comptez un délai de deux à trois semaines pour la décision, sans oublier le délai nécessaire pour obtenir un rendez-vous.
- Emménagez, puis validez votre titre de séjour. Une fois sur place, validez votre VLS-TS en ligne dans un délai de trois mois via le service relié à l'OFII, et réglez la taxe de validation — qui s'élève actuellement à 300 € (elle est passée de 200 € en mai 2026).
- Établir votre résidence. Inscrivez-vous à la CPAM pour bénéficier de la couverture maladie dès que vous remplissez les conditions de résidence stable (ou déposez votre formulaire S1 si vous êtes retraité), ouvrez un compte bancaire en France et régularisez votre situation fiscale.
- Renouveler et construire. Entamez les démarches de renouvellement de votre carte de séjour avant l'expiration de votre autorisation initiale — généralement quelques mois à l'avance, auprès de votre préfecture. Après environ cinq ans de résidence légale ininterrompue, vous pouvez prétendre à une carte de résident de longue durée, qui exige désormais un niveau B1 en français et un bref examen de civisme.
Conservez des copies de toutes vos demandes, reçus, documents fiscaux, polices d'assurance et justificatifs de domicile dès le jour de votre arrivée. À long terme, une bonne gestion de vos documents s'avérera payante.
Les pièges courants à éviter
Certaines erreurs reviennent suffisamment souvent pour qu’il vaille la peine de les mentionner explicitement. Le décompte erroné des jours passés dans l’espace Schengen est un classique : n’oubliez pas que la période de 180 jours est une période glissante et que le temps passé dans d’autres pays de l’espace Schengen est également pris en compte. Considérer qu’une maison équivaut à un titre de séjour est la deuxième erreur courante ; la propriété immobilière et le statut d’immigrant ne se confondent jamais. Déposer une demande avec un visa inadapté — par exemple un visa de touriste alors que l’on a l’intention de travailler — engendre des difficultés lors du renouvellement ; veillez donc à choisir la voie qui correspond à votre situation réelle dès le départ.
Deux pièges liés au timing guettent les nouveaux arrivants. Oublier de valider le VLS-TS dans les trois mois peut compromettre la légalité de votre séjour et votre capacité à le renouveler ; considérez donc cette démarche comme une priorité absolue. De même, laisser votre assurance maladie privée expirer avant que la CPAM n’ait confirmé votre couverture entraîne une période sans couverture au moment même où vous pouvez le moins vous le permettre. Sur le plan financier, la sous-estimation des charges sociales et de la portée de la résidence fiscale française surprend de nombreux nouveaux arrivants ; demandez conseil avant votre déménagement, et non après votre première déclaration d’impôts en France. Enfin, ne réservez pas de camion de déménagement en vous basant sur une date d’approbation présumée : les délais consulaires varient, et ce sont les formalités administratives qui dictent le rythme.
Pourquoi Duras et ses environs constituent un choix judicieux après le Brexit
Rien de tout cela ne devrait décourager une personne souhaitant s'installer en France. Chaque année, des milliers de personnes organisent avec succès leur installation en France ; elles adaptent simplement leurs projets à la procédure juridique appropriée et préparent les documents nécessaires à l'avance. Et parmi tous les coins de la France où il est possible de le faire, la région autour de Duras compte parmi les plus rassurantes, précisément parce que vous ne serez pas le premier.
Ce lieu de prédilection se trouve au carrefour du Lot-et-Garonne, de la Dordogne et de la Gironde, encadré par Sainte-Foy-la-Grande, Bergerac, Villeréal, Lauzun et Marmande, avec au cœur le château de Duras et les vignobles des Côtes de Duras. Ce qui en fait un lieu idéal pour s’installer après le Brexit, ce ne sont pas seulement les pierres dorées et les marchés au rythme tranquille, mais aussi les infrastructures qu’une communauté britannique et néerlandaise bien implantée a discrètement mises en place au fil des décennies. Les nouveaux arrivants ici ne sont pas des pionniers. D’autres ont déjà franchi les mêmes étapes : demandes de visa, inscriptions à la sécurité sociale, renouvellements et déclarations d’impôts. Et le réseau de voisins, de conseillers bilingues, de notaires et de comptables qui s’est développé autour d’eux est exactement ce dont on a besoin pour se sentir à l’aise face à un système inconnu.
Les avantages pratiques s'accumulent. Des professionnels bilingues peuvent vous expliquer en termes simples ce qu'est un fichier VLS-TS ou une déclaration S1 avant que l'émotion ou l'urgence ne prenne le dessus. Les taxes foncières locales s’avèrent généralement plus avantageuses que les prévisions relatives à la « council tax » britannique. Bergerac dispose d’un aéroport, d’un hôpital et d’une gare facilement accessibles, tandis que Sainte-Foy et Marmande apportent leurs propres services et liaisons ferroviaires ; la région est ainsi bien desservie sans pour autant être surpeuplée. Et la vie elle-même — le château se découpant à l’horizon, la bouteille du viticulteur débouchée alors que la lumière du soir envahit les champs, le long déjeuner du dimanche —, c’est ce qui vous a poussé à vous renseigner sur cette région au départ, et tout cela reste intact au-delà de toutes les formalités administratives.
Le Brexit a modifié les règles, mais il n’a pas supprimé cette possibilité. En choisissant dès le départ la bonne voie et en préparant votre dossier suffisamment à l’avance, s’installer à Duras est tout à fait à votre portée. La prochaine étape la plus utile consiste à discuter avec une personne qui vit ici et qui a vu d’autres personnes franchir exactement ce cap. Discutez avec Tina pour adapter vos projets à la bonne démarche et transformer une idée générale en un projet de déménagement bien préparé et concret vers le sud-ouest de la France.
Pourquoi c'est important si vous visez Duras
Dans la région de Duras, il existe une communauté britannique et néerlandaise bien implantée et de longue date ; les nouveaux arrivants ne sont donc pas des pionniers ici. Tina connaît les conseillers locaux, les notaires et les professionnels bilingues qui vous aideront à adapter vos projets à la procédure juridique appropriée avant que vous ne fixiez une date de déménagement.
Questions fréquentes
Puis-je encore m'installer en France après le Brexit ?
Comment fonctionne la règle des 90/180 jours en France ?
L'achat d'une maison en France me permet-il d'obtenir un titre de séjour ?
Qu'est-ce que le visa de long séjour (VLS-TS) ?
De quels revenus dois-je disposer pour obtenir un visa de touriste français ?
Puis-je travailler à distance depuis la France avec un visa de touriste ?
Comment puis-je bénéficier d'une couverture santé en France après le Brexit ?
Les ressortissants de l'UE ou de l'EEE ont-ils besoin d'un visa pour s'installer en France ?
Sources & last reviewed
Last reviewed: 28 August 2026. Rules, rates and figures change — always confirm the current position with the official source before you act.
